Vacances d’été

C’est bien avant de descendre de la voiture que les souvenirs m’ont envahi. Mais c’est en rentrant dans la maison que je m’en suis vraiment aperçu.

En franchissant le seuil, j’ai tourné mon regard sur la droite. Sur le mur se trouvait un miroir qui aurait dû être trop haut pour moi. J’ai été surpris d’y voir un vieux barbu me rendre mon regard.

J’étais bien rentré dans une maison vide mais mon cœur, lui, était bien des années en arrière.

10 réflexions au sujet de “Vacances d’été”

  1. à verrens, une petite horloge, des petits cadres ont trouvé une nouvelle place et je ne sais qui d’eux ou de moi sont les plus surpris de les voir là, des coupes à glace attendent gentiment leurs meringues et crème de marron… petites choses ramenées mais qui ne sont rien à côté de ce qu’il y a dans la tête, dans les sens :
    coassements des rainettes, tintement des horloges répondant à l’église, odeur de la compote de pêche ou de la friture, broderies et mots échangés dans le jardin au son de l’ardèche et tellement tellement d’autres choses, jusqu’à mes enfants lisant des picsou magazines dans le jardin ou courant dans la rue des puces…
    Je garde tout, au complet, et je rêve de ces prochains jours, des histoires que je raconterai à Faustine, Achille et Amélie en traversant la rue des puces ou visitant les oubliettes ou encore ce fameux escalier du château où, paraît-il, grand-mi a un jour rencontré un fantôme…

  2. Merci pour ces photos qui racontent bien des souvenirs à elles seules…
    J’avais moi aussi eu un gros serrement de coeur lorsque Papa nous avait envoyé un mail pour savoir ce que nous voudrions récupérer, et que je me suis rendue compte que c’était la maison que j’aurais voulu récupérer…
    J’avais d’ailleurs écrit un texte, histoire de laisser une trace de ces souvenirs… Vous pouvez aller y jeter un coup d’oeil si vous voulez…!
    http://marie-ecrit.blogspot.fr/

    En tout cas encore merci pour ces photos !

  3. C’est pas la maison que tu veux je pense, mais, comme dit maman, la maison avec papi et mamie !
    J’adore la photo où on voit Arthur en reflet elle est magnifique.

  4. J’ai été triste de laisser la maison, mais au final c’était plus la prise de conscience qu’il n’y aura plus d’été en Ardèche comme avant.
    Je le savais depuis longtemps mais ça m’a mis face à la réalité de la chose.
    Ca fait aussi prendre conscience que ce ne sont que des souvenirs et que je les emporterais partout avec moi.
    Et enfin, ça donne envie d’en construire de nouveaux pour les enfants.
    J’aime bien en parler, je me sens moins seul, mais je culpabilise aussi parce qu’ils y a d’autres personnes ont bien plus de raisons d’être tristes ou nostalgiques et qu’elles en parlent peu (ou en tout cas pas comme je le fais).

  5. Evidemment que ça serre le cœur, et la signature du compromis de vente n’a pas été un moment facile. La maison était tellement agréable, pleine de bons souvenirs, c’était le témoin de notre passé ardéchois, mais Alice a raison, la maison sans papy et mamie n’était qu’une (belle) coquille vide. Mais comme le dit Pierre, ce n’est qu’au moment où elle a été mise en vente que nous nous sommes tous rendus compte que c’était fini. A nous tous de construire d’autres bons souvenirs. Grand merci à Pierre pour ces photos et à tous pour vos paroles.

  6. Bon, c’est malin. Dévoré par l’émotion et les yeux embués hier soir, je me rends bien compte que je n’ai pas fait un commentaire bien terrible, je reprends.
    Je ne pensais pas que vous aviez un tel attachement à Vogüé, mais il est vrai que vous et nous n’y avons passé que d’excellents moments. L’immense générosité de papy et mamie n’y est pas pour rien : la porte et la table étaient toujours ouvertes, peu importe combien nous étions. Et le temps n’était jamais compté quand il s’agissait de faire partager leur amour de l’Ardèche, jamais ils ne nous ont donné le sentiment de déranger, alors que je sais bien que ce n’était pas facile de nous accueillir ainsi. Vous leur devez une grande part de ce que vous êtes et je suis – nous sommes – très fiers de qui vous êtes, tous. J’espère simplement que nous pourrons donner à vos enfants au moins une fraction de ce que papy et mamie vous ont donné.

  7. Moi j’ai réalisé après le coup de fil de tatie nous annonçant qu’il y avait un acheteur sérieux au prix demandé. Sur le coup, j’étais contente que cela aboutisse mais le soir j’ai moi aussi pris conscience que c’était la fin de nos séjours à Vogüé : nos piques niques en montagne, nos ballades découvertes ( papi et mamie s’évertuaient toujours à nous en trouver de nouvelles et c’était toujours des paysages ou des vieilles pierres magnifiques !), nos baignades, nos jeux de cartes, les reinettes…. J’ai appris à aimer ce « pays » que je ne connaissais pas. Comme dis papa, de toute façon c’était déjà fini mais la vente de la maison nous en a fait prendre conscience brutalement et ce n’est pas facile.
    Et la dépose des clés dans la boîte aux lettres le samedi ………..
    Mais j’espère bien qu’un jour nous pourrons nous aussi faire découvrir leurs racines à nos petits enfants !!!!

  8. J’ai toujours cette impression d’être chez moi quand j’arrive en Ardèche, et si je me suis revue en voyant Amélie et Achille courir dans Vogüe et crapahuter sur les cailloux, je me suis bien rendue compte que la maison ne pouvait pas leur donner ce qu’elle m’avait apporté, car ce n’était pas elle mais bien papi et et mamie qui m’avait donné tout ça. Donc maintenant à moi de leur faire vivre ça autrement en leur préparant compotes de pêches et tartines pain-beurre-chocolat râpé ou en leur parlant régulièrement de ce bêta de loup et ce coquin de renard…
    Je fais tout ça et j’ai hâte de remettre les pieds là-bas car ils ne connaissent pas encore Rochecolombe, Aubenas, et tant d’autres choses que nous iront leur faire découvrir, peut-être tous ensemble !

  9. Merci à tous; à Pierre pour ces photos et ce poste et au autres pour ces commentaires (même si ça me fait pleurer à chaque fois que je les lis !).
    Je crois que mon plus grand regret, c’est de n’avoir pu dire « au revoir » à la maison. Je n’y suis pas allée depuis un moment… Etre loin à travailler m’a aidé à m’éloigner du déménagement et de l’idée de perdre cette maison avec toutes les histoires qu’elle renferme. Mais, finalement, j’aurais préféré être avec vous tous pour le déménagement et partager nos souvenirs ensemble. C’est une page qui se tourne malgré nous mais ces souvenirs resteront gravés. A nous d’en construire de nouveaux pour la génération future ! A bientôt. Gros gros bisous à tous (vous me manquez !!!).

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